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Le sapin de noël Epicéa

Epicéa commun, port isolé.

Epicéa commun, port isolé.

Classification classique

Règne Plantae

Sous-règne Tracheobionta

Division Coniferophyta

Classe Pinopsida

Ordre Pinales

Famille Pinaceae

Genre Picea

Nom binominal

Picea abies

(L.) H. Karst, 1881

Classification phylogénétique

Ordre Pinales

Famille Pinaceae

Synonymes

Pinus abies (L.)

Pinus excelsa (Lam.)

Abies picea (Mill.)

Pinus picea (L.)

Picea excelsa (Link.)

Picea vulgaris (Link.)

Picea alpestris (Stein.)

Picea montana (Schur.)

Picea rubra (A.Dietr.)

Picea obovata (Ledeb.)

Statut de conservation IUCN :

LC : Préoccupation mineure

Schéma montrant le risque d'extinction sur le classement de l'IUCN.

Sommaire

[masquer]

1 Description

1.1 Caractères biologiques

1.2 Caractères botaniques

2 Écologie

2.1 Exigences

2.2 Distribution

2.3 Pathologie

2.4 Taxonomie

3 Utilisations

3.1 Sylviculture

3.2 Bois

3.3 Pharmacopée

3.4 Ornement

3.5 Traditions

4 Notes et références

5 Voir aussi

6 Liens externes

Description

Caractères biologiques

Taille : Arbre de 35-40 mètres de haut, pouvant dépasser en bonne station 50 mètres, certains spécimens attestés mesurent plus de 60 mètres (Europe de l’est). Le tronc de l’épicéa ne dépasse que rarement 1.5 m de diamètre.

Longévité : Jusqu’à 300-400 ans, voire plus, mais ne dépassant que rarement 500 ans. En 2008 on a pourtant trouvé un bosquet d’épicéas commun en Suède dont l'âge a été estimé par la technique de datation au carbone 14 à environ 9 550 ans[1],[2].

Caractères botaniques

Facilement reconnaissable par son port, son feuillage et ses cônes, l’épicéa est cependant trop souvent confondu avec le sapin, en différant cependant en tous points.

Port : Tronc droit, cime conique large en basse altitude et étroite en haute altitude et en régions nordiques.

Écorce : Brun-rouge, finement écaillée dans le jeune âge, devenant ensuite brun-gris et grossièrement écaillée jusqu’à sa mort.

Enracinement : Traçant.

Feuillage et cônes.

Rameaux : Brun-rouge. Longs et pendants en basse altitude (dits « en draperies »), courts et rigides en haute altitude (dits « en brosse »), aiguilles appliquées sur le rameau par un coussinet. Feuilles tout autour du rameau.

Feuilles : Aiguilles quadrangulaires, vert foncé sur toutes les faces (10-20 mm de long), stomates blancs uniformément répartis. Persistants environ 5-7 ans.

Fleurs : Mâles : chatons sur le rameau de l’année précédente, en fuseaux ovales, jaune-orangé (15-25 mm). Femelles : en position de bourgeon terminal, dressées, couleur rouge-carmin (20-40 mm), devenant pendantes une fois fécondées.

Fruits : Cônes sessiles, pendants (10-15 cm), cônes immatures rouges ou verts, devenant bruns à maturité (septembre-octobre). Écailles losangiques, dures, formes variant selon les races (arrondies ou en double-pointe), s’écartant pour laisser tomber les graines, ne se désarticulant pas, tombant en hiver.

Graines : Petites, brunes, munies d’une membrane ailée (le tout mesurant environ 5-6 mm).

Bois : Blanc, lustré, pas d’aubier distinct, petits canaux résinifères odorants, cernes nets.

Écologie

Exigences

Tempérament robuste, plutôt héliophile, mais tolère temporairement un ombrage dans sa jeunesse.

Très résistant au froid (-35°, -40°), craignant peu les gelées printanières en raison de son débourrage tardif (contrairement au sapin qui, lui, craint beaucoup).

Préfère les sols frais et acides, mais aussi les sols calcaires. Tolérant les sols superficiels en raison de son enracinement traçant, mais donc sensible aux chablis.

Distribution

L’épicéa commun est propre à l’Europe, on le retrouve à l’ouest dans les Alpes, le Jura, les Vosges, en Allemagne, en Pologne, en Répiblique Tchèque (massifs montagneux) ; au sud-est des Balkans, les Carpates, au nord-est des Pays baltes jusqu’à la Scandinavie et la Russie européenne.

Selon Vidakovic (1991), il existerait trois zones distinctes, correspondant aux différentes variétés :

Pessière en Norvège.

Zone alpine : Jura, Vosges, Alpes, ((Alpes dinariques)) à partir de 400-800 mètres jusqu’à la limite supérieur de la forêt (jusqu’à 2 200 mètres d’altitude dans les Alpes) ; où il forme des peuplements en mélange avec le hêtre et le sapin à l’étage montagnard et un peuplement dominant à l’étage subalpin, où se mêle parfois d’autres conifères tel le mélèze ou quelques pins.

Europe centrale : Carpates, reliefs allemands (Bavière, Thuringe, Sudètes), tchèques, Tatras, Bohème, Transylvanie (à partir de 800-900 mètres d’altitude) ; où il se mélange surtout avec le sapin pour devenir plus haut un peuplement pur, en Europe de l’est, l’épicéa commun dépasse facilement 60 mètres, des spécimens de 69 mètres ont déjà été attestés.

Zone septentrionale : Pays Baltes, Nord de la Pologne, Biélorussie, Russie européenne, Finlande, Suède, Norvège où il se mêle à l’aire de Picea obovata par des formes de transitions. Il forme des peuplements purs en basse altitude jusqu’à la limite supérieure de la forêt, les arbres de cette zone ne dépassent que rarement 35-40 mètres de haut. [3]

En France : L’épicéa peuple spontanément les Vosges (entre 600 et 1 424 mètres), le Jura (entre 800 et 1 700 mètres) et les Alpes du Nord (de 300-400 mètres (Gorges du Fier) jusqu’à 2 200-2 500 mètres) et localement dans les Alpes du Sud. Il a largement été introduit en plaine, mais surtout dans les Pyrénées, le ((Massif Central)) et la Corse. Ses plus beaux peuplements se situent surtout en zone spontanée, dans les Vosges (en particulier la Forêt Domaniale de la Haute-Meurthe), le Jura (Second Plateau, à partir de 1 000 mètres environ) et quelques hautes vallées des Alpes.

Pathologie

Dégâts par Ips typographus.

Rouille vésiculeuse.

Champignons :

l'épicéa est sensible aux attaques de Fomes annosus (maladie du rond) et de l'armillaire « bulbosa », transmis par les racines ;

Rouilles : vésiculeuse (Chrysomyxa ledi var. rhododendri, sur les aiguilles de l'année) ou annulaire (Chrysomyxa abietis, sur les aiguilles formées l'été précédent)[4].

Insectes : L’épicéa craint les attaques de différentes espèces d’insectes, notamment des coléoptères : scolytes (quatre espèces, surtout les typographes et chalcographes), l'hylobe. La galle-ananas sur les rameaux est provoqué par un puceron (Sacciphantes viridis).

Climat : L’épicéa craint les grands vents (chablis, déracinement), la sécheresse, la pollution.

Sylviculture : Les épicéas poussant en lisière de coupe-rase craignent un stress hydrique, et surtout des coups de soleil, favorisant alors la pullulation de scolytes. Les blessures peuvent également altérer le bois et provoquer des pourritures.

Taxonomie

Généralités

L’épicéa est un Pinaceae appartenant au genre Picea (Lindl.) (sous-genre Picea, section Picea) ; outre la proximité de l’espèce avec Picea obovata (Ledeb.), il est admis généralement que l’espèce est proche de l’épicéa de Chine, Picea asperata (Masters) et de l’épicéa de l’Himalaya, P. smithiana (Wall.).

L’épicéa est apte à pousser sur de nombreux types de sol (même sur du calcaire et de la tourbe) et à différentes altitudes, l’aire de répartition de l’espèce est très vaste, si on rattache l’épicéa de Sibérie (Picea obovata) à l’épicéa commun, on obtient le conifère ayant l’aire de répartition la plus étendue, depuis l’Europe occidentale jusqu’au fin de la Sibérie. On en résulte chez Picea abies différentes variétés et formes. Ainsi, en Europe, on trouve les fleurs femelles fécondées, avant de murir, de différentes couleurs :

En basse altitude : f. chlorocarpa (Purk.) : Cônes immatures verts.

En haute altitude : f. erythocarpa (Purk.) : Cônes immatures rouges.

Forme intermédiaire : f. dichroa (Domin.) : Cônes immatures vert-rougeâtres.

Sous-espèces et variétés

Les scientifiques modernes acceptent deux sous-espèces d’épicéas, l’une croissant sur la partie orientale de l’aire, de la Finlande jusqu’à la Mer d’Okhotsk, nommé Picea abies subsp. obovata (Ledeb.), considéré parfois comme espèce à part entière (Épicéa de Sibérie) et l’autre poussant sur la partie occidentale de l’aire, en Scandinavie, en plaines Baltes et massifs européens, nommé Picea abies subsp. abies, une forme hybride stabilisée croit à la limite de l’aire de répartition des deux sous-espèces, Picea abies nothosubsp. fennica (Regel.), considéré tantôt comme variété de P. abies subsp. abies, tantôt comme une de P. abies subsp. obovata.

Outre la différence de couleur des jeunes cônes, variant avec les régions et l’altitude, la grande variation de forme et de taille de cônes a conduit les scientifiques à créer une douzaine de variétés, dont trois sont actuellement reconnues comme valides (M. G. Tjoelker, A. Boratynski, W. Bugala, 2007) :

Cônes de var. europaea.

Picea abies subsp. abies var. europaea (Tepl.) [syn. Picea excelsa (Link.), var. germanica (Lindq.), var. vulgaris (Loudon), var. nigra (Loudon), var. montana (Asch. & Graebn.), var. carpathica (Loudon), var. communis (Loudon)] : Cône de 12-18 cm, écailles différant selon l’altitude, pointe bombée en basse altitude, plus arrondie en haute altitude. C’est la variété « type », trouvable dans une grande partie de l’Europe, en montagne à l’est et au sud-est et en plaine au nord-ouest, Scandinavie.

Picea abies subsp. abies var acuminata (Beck.) : Cônes généralement plus longs (15-20 cm). Écailles formant un long bifide recourbé vers l’intérieur. Variété trouvable en Europe de l’Est (Balkans, Carpates) jusqu’en Allemagne de l’est. [5]

Picea abies subsp. abies var alpestris (Bruegger) [syn. Picea alpestris (Stein), Picea obovata var. alpestris (Brügger)] : Cônes trapus, assez courts (8-12 cm). Écailles arrondies. Rameau de l’année précédente légèrement pubescent. Aiguilles quadrangulaires bleutées en raison de la forte concentration de stomates. Variété relique de l’époque glaciaire des Alpes suisses (Oberland Bernois, Grisons), autrichiennes (Tyrol), des Sudètes et des Carpates (entre 1500 et 2200 mètres d’altitude), dont le bois est d’excellente qualité. Variété parfois considérée comme plus proche de la sous-espèce obovata, semblable à Picea fennica. [6]

Formes naturelles

f. virgata.

En raison de la grande étendue de l’aire de répartition de Picea abies subsp. abies, on trouve différentes formes naturelles d’épicéas, en voici quelques-unes, assez fréquentes :

f. columnaris : Épicéa columnaire : 20-25 m maximum, branches courtes, denses, plaquées au tronc. [7]

f. pendula : Épicéa pleureur : Port très variable, dense en pendant. [8]

f. globosa : Épicéa en boule : Port « normal » jusqu’à la cime, qui est dense, en « boule ». [9]

f. nidiformis : Épicéa en nid : 1 mètre maximum, très dense, en boule. [10]

f. viminalis : 20-30 mètres, fréquent dans les régions nordiques et en montagne, branches horizontales, feuilles dispersées sur le rameau, feuillage donc très clair. [11]

f. virgata : Épicéa-serpent : Proche de la forme précédente, feuillage clair, pendant. [12]

Utilisations

Sylviculture

Epicéas en monoculture.

L’épicéa fournit un bon bois, c’est pour cela qu’il est largement planté dans toute l’Europe en futaie régulière pour la production. En montagne, il est traité en futaie irrégulière (parfois jardinée) ayant pour rôle la production et la protection des milieux (avec d’autres essences), en zone touristique, il est dit que les forêts peuvent servir de recréation pour le paysage, ce qui influence la sylviculture sur plusieurs points.

Bois

Le bois d’épicéa est blanc, il sert en basse qualité surtout au bois d’industrie (pâte à papier, panneaux de fibres, emballage, coffrage), mais si les accroissements sont fins et le bois tendre, de haute qualité, il servira à la charpente, à la menuiserie, au placage, au déroulage, à la fabrication de poteaux et de perches, mais aussi à la lutherie pour les plus beaux bois.

Pharmacopée

Sapin de noël.

L’épicéa a des propriétés antiseptiques, balsamiques, expectorantes, sédatives, antiphlogistiques et antibiotiques. La poix de bourgogne est obtenue par incision du tronc (résine). La distillation de la poix fournit l’essence de térébentine qui sert à la préparation d’onguent topique.

Ornement

L’épicéa commun est souvent utilisé en ornement, les différentes formes naturelles ont été sélectionnées pour former des cultivars, dont les plus fréquents sont ‘cupressina’, ‘inversa’, ‘argentea’, ‘aurea’, ‘cranstonii’, ‘nana’, ‘pyramidalis’… On recense actuellement près de 150 cultivars valides.

Traditions

On utilise traditionnellement l’épicéa commun comme sapin de Noël, pourtant, l’épicéa perd ses aiguilles rapidement, ce qui le désavantage par rapport aux sapins.